Analyse
Un domaine d’activités essentiel pour l’économie industrielle régionale
Le secteur industriel rassemble 8 000 salariés dans 125 établissements, et couvre trois domaines d’activité :
l’industrie automobile au sens étroit du terme, dont les effectifs ont diminué de près de moitié depuis dix ans, notamment par la réduction des effectifs des grands établissements ;
le travail des métaux, regroupant environ 3900 salariés, dont l’évolution apparaît contrastée sur la période, traduisant notamment les aléas de la sous-traitance de capacité ;
les équipements mécaniques, en progression sur la période, qui avoisinent les 3 000 salariés.
La Creuse rassemble 16% de l’activité de ce secteur, dont il constitue le premier secteur industriel. La Corrèze présente une forte concentration de ces activités autour de Brive et de Tulle, et rassemble environ 36 % de l’effectif régional. Près d’un emploi sur deux se situe en Haute-Vienne avec la présence d’unités importantes liées au secteur automobile.
Sur la base des données de la Banque de France, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 750 M€, les entreprises industrielles limousines réalisent 0,23% du chiffre d’affaires national pour un effectif représentant 0,5 % des effectifs français. Le taux de valeur ajoutée est deux fois supérieur à celui constaté au niveau national. Le Limousin pèse 0,29% des investissements nationaux. Plus de 20% de la production de ce secteur est exportée.
Automobile, aéronautique et équipement industriel
Les principaux marchés clients sont l’automobile, l’aéronautique et les biens d’équipement industriels. Nombreuses sont les PMI qui répartissent leurs activités entre ces trois pôles. L’industrie de l’armement est en perte de vitesse avec la réduction drastique d’activité du Giat à Tulle.
Concernant l’automobile, le Limousin compte plusieurs équipementiers de premier rang, tels Valéo, Meillor, Wagon Automotive, Renault Trucks et Borgwarner. La majorité du tissu industriel est composée de PMI sous-traitantes de rang inférieur. Ces PMI subissent avec beaucoup de rigueur la politique des constructeurs et des équipementiers de premier rang.
Beaucoup de sociétés sont également présentes sur le marché de l’aéronautique. Dans ce secteur, les prescriptions techniques très fortes et l’organisation en cascade de la sous-traitance limitent les marges de progression des entreprises. Avec la montée en puissance du programme A380, le marché sera globalement mieux orienté, y compris pour les sous-traitants de capacité.
En ce qui concerne les équipementiers industriels, le Limousin se caractérise par la présence d’entreprises développant des machines ou des outillages dédiés à des secteurs de production historiquement bien représentés en région. C’est le cas notamment pour les machines de production destinées au secteur porcelainier avec Ceric Wistra, Elmeceram et Cerlase, au machinisme agricole et forestier, à la transformation du bois (Parveau) ou du papier. La plupart ont cherché à développer l’exportation. Avec la stagnation de l’investissement industriel depuis 2001, l’activité sur le marché national est souvent réduite à la maintenance du parc existant.
Une concurrence exacerbée
De façon générale pour l’ensemble du secteur d’activité, les pratiques d’outsourcing des donneurs d’ordre, des formes nouvelles de mise en concurrence comme les places de marché sur Internet placent les industriels limousins en confrontation directe avec des fournisseurs de pays à bas coût de main-d’œuvre, handicap qu’il leur faut compenser par une meilleure productivité et une grande réactivité obtenues par l’adoption de technologies innovantes et de formes nouvelles d’organisation intra et interentreprises.
Tout ceci pèse naturellement sur les prix, donc sur les marges des entreprises, alors même que des services supplémentaires leur sont demandés.
Dans le secteur automobile, les experts nationaux estiment que les sous-traitants de capacité ne pourront résister à la nouvelle donne économique liée à la mondialisation de l’économie et devront s’adapter ou disparaître à court terme.
Des commandes plus complexes
L’évolution de la demande des donneurs d’ordre, souvent sous forme d’un cahier des charges fonctionnel, impose l’augmentation des capacités opérationnelles des sous-traitants. De plus en plus, ils doivent proposer des sous-ensembles ou des ensembles complets. Ils sont également conduit à participer à la conception des produits. Dans ce contexte, la pérennité de leur activité passe par l’acquisition de compétences fortes, par une spécialisation de l’activité et par l’apport de services au client.
Travailler en réseau
Le partenariat entre entreprises peut permettre de répondre à la demande en massifiant et diversifiant l’offre de sous-traitance. Le tissu industriel régional doit se structurer pour s’adapter à cette nouvelle donne. Mécanic Vallée, le Pôle Métal Corrèze, la base de référencement Cotraitel (www.cotraitel.com) constituent des amorces de réponse à cette nouvelle donne.
Cette structuration doit également être facilitée par la dynamique des pôles de compétitivité autour de Viaméca et du pôle aéronautique espace Midi-Pyrénées Aquitaine qui ouvrent des possibilités nouvelles de partenariat pour les entreprises limousines les plus performantes.