Analyse
Un secteur industriel majeur
Les fabricants d’équipements électriques et ceux produisant des composants électriques et électroniques regroupent près de 7 000 salariés. Le secteur industriel au sens strict regroupe environ 6 000 emplois, soit 18% des emplois industriels.
La fabrication de composants rassemble à elle seule les quatre cinquièmes des emplois industriels du secteur. Il constitue une véritable spécialisation régionale avec 5 % du potentiel national.
En complément de cette base industrielle, le Limousin se distingue par une recherche régionale importante dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, structurée au sein de l’Université de Limoges, dans un laboratoire unique « XLim », associé au CNRS qui a fédéré notamment les laboratoires de l’Ircom et du Laco. Le dispositif de recherche est complété par Cisteme, centre de transfert de technologie.
Un secteur géographiquement concentré
60 % des emplois industriels se concentrent sur le département de la Haute-Vienne. Ceci s’explique par la présence du groupe Legrand, qui représente environ 3 000 emplois sur le département, et dans une moindre mesure par la présence d’un établissement de Schneider Electric (environ 400 emplois).
La Corrèze regroupe 40% des emplois. Là encore, les effectifs sont concentrés dans quelques grosses unités : Photonis (plus de 700 emplois), le groupe Sicame (550 emplois), A-Novo (300 emplois) et Thalès (270 emplois).
En Creuse, Codechamp est spécialisée dans la réalisation de codeurs optiques utilisés dans les domaines militaire (programme Rafale et Tigre), spatial (sonde exploratoire Rosetta) et industriel.
Un développement important
Sur une période de dix ans (1993-2002) l’emploi industriel s’est développé dans ce secteur. On constate sur cette période un gain de l’ordre de 1 100 emplois, soit environ + 19% (4900emplois en 1993, 6000emplois en 2002).
L’évolution en Haute-Vienne suit directement celle des effectifs de Legrand, en progression jusqu’en 2002, en décroissance depuis. En Corrèze, la courbe est sensiblement inverse. Après une période de forte restructuration au début des années 1990 ayant entraîné des pertes d’emplois importantes, l’activité suit depuis une phase ascendante. L’exemple le plus marquant est l’entreprise Photonis, créée suite au désengagement du groupe Philips. Cette entreprise a connu un développement particulièrement remarquable, notamment par le rachat de concurrents étrangers, et elle est devenue la deuxième entreprise industrielle au plan mondial dans sa spécialité.
Un développement tiré par l’innovation
Dans le secteur de l’électronique, la Recherche et Développement (R&D) joue un rôle fondamental pour la compétitivité des entreprises et le développement de suite l’emploi. Les entreprises régionales, en particulier les plus importantes, n’échappent pas à cette obligation.
Par ailleurs, dans un contexte de morosité économique des pays de la zone euro, les grandes entreprises du secteur se tournent de plus en plus vers les pays émergents de l’Europe de l’Est ou de l’Asie. Ces pays tirent l’activité, et la tentation est forte de vouloir en faire des bases manufacturières. L’expérience montre que la présence, à proximité, d’un potentiel de recherche fort est un facteur favorable au développement de l’activité.
Un pôle de compétitivité pour doper le développement du secteur
L’association des compétences universitaires et des centres de recherche des entreprises est nécessaire pour assurer la pérennité d’un secteur. Ainsi, il est impératif pour les leaders de mettre en œuvre d’importants programmes de recherche afin de développer ou d’adapter des technologies nouvelles qui conditionnent les applications futures des composants électroniques. Ils doivent également être capables d’investir de nouveaux champs d’activité offrant des perspectives économiques intéressantes.
Dans ce contexte, la création du pôle de compétitivité Elopsys peut se révéler un atout clé. Au-delà du soutien aux projets en cours, une de ses premières missions sera de
favoriser l’émergence, puis d’accompagner des programmes de R & D centrés sur des technologies critiques, associant plusieurs entreprises du secteur et des centres de recherche. Ces programmes de R & D collaboratifs devraient avoir une forte capacité structurante et permettre au Limousin de développer et de valoriser son potentiel industriel et technologique.