L’industrie agroalimentaire a un poids important dans la région, puisque un emploi industriel sur six en dépend et qu’elle emploie environ 7 200 salariés. C’est un secteur créateur d’emplois : en dix ans, le nombre de salariés a augmenté de 8%. Les IAA limousines représentent 1,3% de l’ensemble national en nombre de salariés, et moins de 1 % en termes de chiffre d’affaires. Dans ce secteur se côtoient de grands établissements industriels, des PME de quelques salariés, mais aussi des artisans tels que les boulangers ou charcutiers. 60 % des entreprises ont moins de 5 salariés ; à l’opposé, près de 3 500 personnes travaillent dans une structure de plus de 20 salariés. Ces entreprises sont largement disséminées sur le territoire régional et contribuent à maintenir l’emploi en zone rurale ; on note cependant une forte concentration de cette activité dans le sud-ouest de la région. C’est un secteur qui recrute, malgré une image faiblement attractive. Ainsi près de la moitié des salariés ont moins de 30 ans. Les deux tiers des salariés sont ouvriers, avec un niveau de qualification élevé. Les femmes sont très présentes dans ce secteur, près de 38%, soit 8 points de plus que pour l’ensemble de l’industrie régionale.
Prédominance du secteur de la viande
Les industriels de la viande - production de viande de boucherie et préparation industrielle de produits à base de viandes - sont les premiers employeurs. En 2003, ils emploient plus de 50 % des effectifs des IAA des entreprises de plus de 20 salariés. Près de 900 salariés travaillent dans la production de viande de boucherie, principalement dans des unités d’abattage de taille moyenne. Le corrézien Charal (300 salariés en 2003) est l’établissement le plus important du Limousin pour la transformation de viande bovine. En Limousin est aussi implanté le leader européen du jambon cuit (Madrange, plus de 1 000 salariés), mais également de nombreuses PME du secteur de la charcuterie exploitant des savoir-faire traditionnels.
La seconde transformation des végétaux : diversité et dynamisme
Les activités de seconde transformation de produits végétaux, historiquement liées aux productions locales, s’en sont affranchies pour se développer sur des savoir-faire. Elles sont représentées par des sociétés telles que Valade ou Ponthier SA. L’activité de boulangerie et de pâtisserie industrielle est la plus représentée. Hormis les célèbres madeleines, les principales productions sont des pâtisseries surgelées et des baguettes crues surgelées. Surtout implantées en Corrèze, d’autres entreprises se distinguent dans la fabrication de confiserie ou d’aliments adaptés à l’enfant et diététiques. C’est aussi dans ce département que se situent les principaux établissements du secteur des fruits et légumes, qui emploient un peu moins de 250 personnes. Ils s’appuient sur des productions fruitières localisées dans le sud-ouest de ce département. L’industrie laitière est majoritairement présente en Creuse, mais sa part dans l’emploi par rapport aux autres secteurs agroalimentaires est faible (environ 7 %). Plus des trois quarts des emplois occupés dans l’industrie laitière creusoise sont tournés vers la fromagerie. De nombreux regroupements coopératifs ont lieu dans ce secteur.
L’internationalisation des échanges impose des efforts d’adaptation considérables
Les IAA limousines ne réalisent que 4,3 % de leur chiffre d’affaires à l’étranger, contre 15,1 % pour leurs homologues nationales. Globalement, elles sont peu présentes à l’étranger. Cela tient d’abord à la structure du tissu industriel, constitué en majorité de petites et moyennes entreprises peu familiarisées avec les démarches export. Le taux de valeur ajoutée est proche du taux national. Le taux d’investissement des IAA limousines (15,7%) est légèrement supérieur au taux moyen régional (12%), mais demeure légèrement inférieur au niveau national (16,7%). L’effort de modernisation demandé aux entreprises est parfois difficile à mettre en œuvre pour les petites structures. Les entreprises doivent également s’adapter en permanence aux nouvelles exigences en termes de nouvelles technologies, de maîtrise sanitaire et de traçabilité et, comme pour les autres produits industriels, l’érosion de la valeur des produits est à compenser par une démarche continue d’innovation.