Chaîne graphique

Analyse

Cet ensemble recouvre deux secteurs distincts : d’une part, l’édition de livres, de journaux, de revues et de périodiques, regroupant 650 salariés dans une quarantaine d’entreprises ; d’autre part, le prépresse, l’imprimerie et la finition, qui rassemblent un peu plus de 2 100 emplois dans 110 entreprises de production. Plus largement, la chaîne graphique concerne également l’industrie de l’emballage, soit environ 3 000 emplois supplémentaires. Il s’agit donc d’un pôle économique important pour la région.


(GIF) Une industrie géographiquement concentrée
L’artisanat regroupe environ 20 % des effectifs, avec un poids relatif plus important dans le domaine de l’édition. Les entreprises artisanales travaillent surtout à l’échelon local. Au plan industriel, ces activités rassemblent 44 établissements, appartenant à des entreprises de plus de 20 salariés pour un emploi total de 2 150 salariés, dont 15 établissements et 380 salariés pour ce qui concerne l’édition. La majorité des établissements industriels sont situés dans l’arrondissement de Limoges, un second noyau se regroupant autour de Brive et de Tulle.


(GIF) Un équilibre fragile
Les industries graphiques ont maintenu leurs effectifs au cours des dix dernières années, performance meilleure que celle constatée au plan national. Toutefois, après une progression régulière jusqu’en 2001, on constate un tassement, voire une régression notamment en 2003. Cependant, l’industrie locale a connu peu de sinistres industriels importants, ce qui témoigne du dynamisme des entreprises et de leur accès élargi au marché national. Néanmoins, cet équilibre est fragile dans un contexte global de surcapacité et, aussi, de « courses aux armements » pour s’adapter aux nouvelles technologies de production. Cette situation hyperconcurrentielle pèse sur les marges des entreprises et risque d’obérer, à terme, leur aptitude à investir et à se développer.


(GIF) L’édition, maillon faible de la chaîne graphique limousine
L’édition de livres est surtout le fait d’entreprises artisanales travaillant principalement avec des imprimeurs régionaux. L’édition de journaux est le principal secteur industriel avec 12 établissements et 300 salariés. Le groupe Centre France en est la figure de proue. Seules trois entreprises relèvent du secteur de l’édition de revues et de périodiques.
Comparée au niveau national, l’édition pèse 0,56 % des effectifs français. Cette sous-représentation du secteur de l’édition est préjudiciable au développement des activités d’impression.


(GIF) L’imprimerie et les activités connexes bien représentées en Limousin
Avec 2,5 % des effectifs français du secteur, ces activités sont surreprésentées par rapport au poids relatif de l’industrie limousine dans l’ensemble national. Toutes les compétences de la chaîne graphique et toutes les technologies d’impression sont présentes en région. La finition constitue cependant un goulot d’étranglement avec trop peu d’entreprises spécialistes.
Les marchés sont très diversifiés, depuis l’impression de journaux, de catalogues, de livres, de formulaires administratifs, jusqu’à la fabrication de chromos pour l’industrie de la porcelaine ou du verre en passant par l’impression d’étiquettes. L’évolution de la demande conduit, d’une part, à réaliser des produits plus complexes sur le plan technique - documents sécurisés, étiquettes intelligentes, etc. - et, d’autre part, à développer l’offre de services comme la personnalisation des imprimés ou un développement commercial complétant les activités de production par du négoce de consommables.


(GIF) Perspectives générales
Dans un secteur aussi concurrentiel, une grande maîtrise technique à toutes les étapes de la production d’imprimés est absolument indispensable. La veille technologique et la formation sont des enjeux majeurs. Dans le domaine du prépresse, un centre de ressources, situé dans le cadre du lycée Maryse-Bastié de Limoges consacré aux technologies de la communication, est à disposition des professionnels. Par ailleurs, le lycée Raymond-Loewy de La Souterraine, dans la Creuse, assure une formation de BTS design graphique, compétence nécessaire aux entreprises pour mieux dialoguer avec les agences de communications et les autres donneurs d’ordres.
La nécessité d’investir, liée à la sophistication croissante de l’offre des imprimeurs et au renouvellement des technologies, pèse sur la rentabilité des entreprises. La plus grande part de ces investissements est financée par crédit-bail. La généralisation des Centres techniques du papier (CTP) a permis de raccourcir le process de production et nécessité la requalification des personnels. Nombre d’équipements de ce type sont notoirement sous-utilisés, mais il y a peu d’exemples de coopération entre les imprimeurs pour l’acquisition des matériels alors que beaucoup s’essoufflent à suivre les évolutions techniques. La mise en place d’un système de production local apparaît toujours plus nécessaire pour affronter la concurrence.