Filière bois

Analyse

(GIF) L’exploitation forestière, un secteur modernisé
La forte productivité de la forêt limousine et les conséquences conjoncturelles de la tempête de 1999 ont généré un développement intense des activités de la filière bois, tout particulièrement au niveau de la récolte (exploitation forestière) et de la première transformation (scieries).
Entamée bien avant 1999, la modernisation des entreprises d’exploitation forestière, par la mécanisation et par une logistique associant machines d’abattage et engins de débardage, a été « boostée » par la nécessité de s’adapter aux volumes importants abattus par la tempête et de les exploiter au plus vite. Par ailleurs, le contexte physique, topographie et catégories de produits à exploiter, s’est prêté favorablement à cette évolution.
Aujourd’hui, la région Limousin apparaît comme une des plus modernes de France par le taux d’exploitation forestière mécanisée, à savoir plus de 80 % de la récolte résineuse et de l’ordre de 20 % de la récolte feuillue. Le parc régional est constitué de plus de 80 machines combinées high-tech.


(GIF) Le secteur des scieries connaît une évolution à deux vitesses
Dans le domaine du feuillu, la qualité moyenne des bois et une conjoncture défavorable depuis plusieurs années n’ont pas soutenu le développement des entreprises qui, malgré un afflux de bois abattus par la tempête, n’ont pas augmenté leur activité, ni, à de rares exceptions près, modernisé leurs appareils de production.
Dans le domaine du résineux, en revanche, la qualité des produits (du douglas en particulier), les gros volumes disponibles, une augmentation annoncée très importante de la récolte et une bonne conjoncture ont généré un développement très important des entreprises dont la production totale a plus que triplé en vingt ans (105 000 m3 en 1981, 362000 en 2003). On assiste en outre à une concentration importante de l’activité sur de grosses unités, dont certaines atteignent aujourd’hui la taille des grosses entreprises nationales et commencent à avoir un impact fort, surtout dans les sciages de douglas, à l’extérieur de la région.


(GIF) La production de papier et de panneaux est directement liée à la ressource locale
L’usine d’International Paper, à Saillat-sur-Vienne, est la principale unité du groupe en France. Elle consomme environ 1,6 million de tonnes de bois sous forme de rondins ou de produits connexes de scierie. Son approvisionnement dépasse largement les limites régionales. De par la nature des bois et des dérivés utilisés, International Paper joue un rôle considérable dans la filière bois locale. Elle éprouve des difficultés importantes à mobiliser la matière première du fait du morcellement important de la propriété forestière privée. Les fabricants de pâte et de panneaux s’inquiètent de la concurrence générée par une augmentation forte de la consommation de biomasse pour la production d’énergie. Cette concurrence peut avoir un effet perturbant sur les conditions d’exploitation des unités de production et conduire à une baisse importante de leur compétitivité. Cette situation devrait s’améliorer au fur et à mesure de la constitution d’une filière économique bois-énergie qui, en amont, optimiserait les conditions de mobilisation des petits bois et des rémanents forestiers.
Le secteur de la fabrication de panneaux, second domaine directement lié à la ressource locale, est représenté par deux unités employant actuellement plus de 350 salariés sur Ussel : Polyrey, du groupe International Paper, et Isoroy, du groupe portugais Sonae Industria.
Intégrées dans des groupes internationaux, ces unités sont soumises à une forte concurrence tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de leur groupe d’appartenance. Leur devenir dépend de leur capacité à améliorer de façon permanente leur rentabilité. Elle est directement liée aux stratégies définies par les actionnaires. Ainsi le groupe ayant marqué sa volonté de se recentrer sur ses métiers de base, International Paper restructure sa filiale Polyrey et cherche un repreneur pour cette activité. Pour Isoroy, la mise en œuvre d’un produit à plus forte valeur ajoutée permettrait à l’établissement d’Ussel de dégager de nouvelles marges de progrès.


(GIF) Énergie-bois, l’amorce d’un développement
L’utilisation de la biomasse à des fins de production d’énergie est en voie de développement en Limousin. Elle se traduit notamment par des projets répondant aux besoins d’industriels tels qu’International Paper, et des projets de chaufferies collectives qui se créent à un rythme relativement soutenu. À ce jour, on compte environ une quinzaine de projets ou de réalisations de chaufferies collectives, généralement avec réseau de chaleur, plus de la moitié de ces installations concernant le département de la Creuse. Par ailleurs, quatre projets de grandes chaufferies à usage collectif ou industriel ont été sélectionnés dans le cadre d’un appel à projets national.


(GIF) La seconde transformation, pour valoriser la ressource locale
Ce secteur regroupe une soixantaine d’entreprises employant environ 3000 salariés. À ce secteur industriel s’ajoute un tissu artisanal d’environ 650 entreprises regroupant environ 1 000 salariés.
La seconde transformation du bois en Limousin comporte deux blocs principaux : la menuiserie de premier et de second œuvre et la fabrication de meubles en bois massif ou, plus souvent, en panneaux, peu liée à la ressource locale.
La fabrication de charpentes et de maisons à ossature bois repose principalement aujourd’hui sur des bois du Nord ou sur des essences exotiques. Toutefois, certaines entreprises développent des produits utilisant notamment le douglas ; c’est par exemple le cas de Cosylva, une entreprise creusoise, spécialiste de la charpente en lamellé-collé, qui travaille à mettre en œuvre cette ressource locale, en collaboration avec des scieurs de la région.
En revanche, dans le domaine de la menuiserie de second œuvre, les bois locaux n’ont pas encore réussi à gagner une place sur le marché face aux bois exotiques. Cette activité souffre également de la concurrence avec d’autres matériaux, notamment le PVC, l’aluminium et les matériaux composites.


(GIF) Une volonté de structurer la filière
Favoriser les partenariats au sein de la filière bois est un élément favorable au développement de l’activité économique. Dans cet objectif, les professionnels ont commencé à s’organiser au sein de l’Association du pôle interrégional Massif Central Bois (APIB), avec pour finalité de favoriser le travail en réseau des entreprises, de soutenir leurs efforts d’innovation et de leur apporter des services partagés pour une meilleure adaptation aux conditions changeantes des marchés.
Cette mission s’appuiera sur la Maison du pôle bois qui doit ouvrir en 2006 à Tulle.