Porcelaine et céramiques

Analyse

(GIF) La porcelaine à la croisée des chemins
Cette activité ancienne a généré la création d’une filière industrielle complète qui regroupe, autour des porcelainiers, des fabricants de matériels de production et des fournisseurs de matériaux, de chromos et de produits semi-finis. L’ensemble de cette filière représente environ 2 400 emplois, dont près de 1 500 dans l’activité porcelainière proprement dite.
La porcelaine de table, à l’instar de l’ensemble du secteur des arts de la table, subit des crises répétées se traduisant par des fermetures d’entreprises et par une chute des effectifs salariés. Il s’agit essentiellement d’une activité exercée par des entreprises petites et moyennes, parfois intégrées dans des ensembles plus vastes du secteur du luxe ou des arts de la table. Dans un contexte concurrentiel très difficile, cette industrie de main-d’œuvre, fortement exportatrice, apparaît décalée face à l’évolution des modes de vie. Le positionnement haut de gamme des produits, partiellement induit par des coûts de fabrication élevés, implique une approche commerciale offensive axée sur les marques, s’appuyant si nécessaire sur l’image positive dont bénéficie encore la référence à Limoges. Cette approche commerciale a un coût élevé, hors de portée de la plupart des fabriques. Industrie de main-d’œuvre qualifiée, elle devra également franchir le pas d’une modernisation de son outil industriel pour abaisser les coûts de production. Des pistes de diversification ainsi que l’apport des technologies céramiques peuvent également dégager des marges de manœuvre.
Quelques entreprises se consacrent à la fabrication d’objets pour l’équipement de la maison : poignées de portes, plaques de propreté, boutons de tiroirs, etc. Elles sont également très fragilisées par l’évolution de la concurrence internationale et la structuration de la distribution dans le secteur.
La porcelaine sanitaire est représentée par deux établissements importants de deux des groupes leaders : Allia et Jacob Delafon (Kohler). Elle emploie environ 350 salariés.


(GIF) Céramiques techniques : fort développement attendu
Les laboratoires universitaires, l’Ensci et l’Ensil exercent une activité intense dans le domaine des céramiques techniques et du traitement de surface. Cette activité, prolongée par les deux centres de transfert technologique, le CTTC et le Citra, constitue une piste nouvelle de développement. Le tiers de la recherche publique nationale dans ce secteur est situé à Limoges et les coopérations entre les laboratoires, les écoles d’ingénieurs et les entreprises régionales et nationales se développent. La création du Pôle européen de la céramique et la mise en chantier du Centre européen de la céramique, qui représente un investissement supérieur à 23 millions d’euros, ont pour effet de positionner ce pôle au sein de réseaux nationaux et internationaux se consacrant à la recherche et au développement sur les matériaux en général et les céramiques en particulier.
L’activité industrielle, encore embryonnaire en Limousin, va bénéficier de ces possibilités nouvelles. En particulier, les compétences locales vont être renforcées par la création, sur Limoges, d’antenne des centres techniques compétents dans le secteur qui permettront d’étendre le registre des prestations offertes aux entreprises, constituant ainsi un facteur puissant d’attractivité. Enfin, ces développements offrent des perspectives de diversification pour certaines entreprises porcelainières.


(GIF) Un pôle de compétitivité pour doper l’activité de la filière
Le potentiel de recherche et l’existence d’une filière complète dédiée à la mise en œuvre des céramiques sont à l’origine de la réponse du Pôle européen de la céramique à l’appel à constituer des pôles de compétitivité lancé en 2004. Cet appel est l’opportunité de fédérer l’ensemble du secteur économique pour créer une dynamique forte en Limousin. Les objectifs stratégiques poursuivis sont différents selon le point de la filière où l’on se place. Ainsi, pour l’industrie porcelainière, il s’agit d’explorer et de mettre en œuvre des actions visant à donner à ce secteur en difficulté des marges de manœuvre.
Ceci passe par l’amélioration des procédés de production, un travail sur les matériaux mis en œuvre, la recherche de produits nouveaux et la diversification dans des applications extérieures au domaine traditionnel d’activité, notamment dans les porcelaines techniques. Concernant les équipementiers, il s’agit de développer de nouveaux procédés de fabrication en s’appuyant sur des technologies innovantes pour le secteur.
Enfin, pour les spécialistes des céramiques techniques, il s’agit d’élaborer des matériaux adaptés à des applications nouvelles dans le domaine des technologies de la santé, de l’énergie, des communications, ainsi que pour des utilisations dans l’habitat, et de développer des compétences dans les nanomatériaux.